Témoignages
Christine Lelièvre
Interview :
Graveur sur armes, Christine Lelièvre a remporté le 2 avril dernier la 1ère place du Grand Prix SEMA National. Ce prix encourage les professionnels de talent de la restauration-conservation, de la tradition et de la création contemporaine avec une sélection départementale, régionale, puis nationale.
Nous vous proposons à cette occasion de relire l'interview de Christine Lelièvre, publiée en janvier dernier.
Christine Lelièvre est graveur sur armes dans le Gâtinais depuis 2005. Ses clients sont principalement des particuliers chasseurs, des collectionneurs d'armes, mais aussi des restaurateurs et des armuriers. Christine Lelievre pratique la gravure au marteau et burin, la gravure en taille douce pour les sujets animaliers. Elle allie tradition dans l'exécution, en respectant les règles de l'Art de la gravure, et innovation, en proposant des ornements qui bousculent parfois les thèmes traditionnels de la gravure.
Christine Lelièvre a remporté le Grand Prix Départemental Sema 2008 "Métiers de la tradition" en Seine-et-Marne, organisé par la Chambre de métiers et de l'artisanat. Après cette étape départementale, elle concourt actuellement au niveau régional. Une victoire lui permettrait de défendre sa profession devant un jury national.

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J'ai suivi une formation de graveur sur matrice et poinçon à l'école Boulle pendant cinq ans mais je n'avais pas envie de me diriger dans cette spécialité.
Non, j'ai attendu cinq ans avant de me lancer. J'avais envie de le faire, mais j'hésitais. Je n'étais pas connue, je n'avais pas de clients... J'ai donc fait des petits boulots alimentaires pour subsister, mais au fond de moi je savais que je n'étais pas dans mon élément. |
Quel a été le déclic ?
Je m'ennuyais dans mon travail, la routine je ne la supportais plus. J'en avais vraiment assez de ne pas faire ce qui me plaisait. Alors je me suis lancée !
Avez-vous bénéficié d'aides à la création ?
Je n'ai eu droit à rien, je ne remplissais pas les bons critères : je n'étais plus assez jeune, j'avais quitté mon emploi volontairement… Je n'ai pas pu bénéficier de l'ACCRE, l'exonération des cotisations sociales ; j'ai commencé à payer des charges sociales tout de suite.
Avec l'aide de mon entourage j'ai établi un budget prévisionnel nécessaire pour obtenir un prêt de la banque, et cela m'a permis de bien voir où j'allais.
Trois ans après le début de votre activité, dans quel état d'esprit êtes vous ?
Je ne regrette vraiment pas d'avoir pris le risque de me lancer ! Il est vrai que mon activité est fluctuante (elle suit les saisons de chasse) et je dois donc parfois jongler avec la trésorerie.
Mais je ne saurais revenir en arrière ! Etre mon propre patron, avoir un contact direct avec le client qui me laisse carte blanche, créer de nouveaux dessins, étonner par la nouveauté de mes idées en création…Quelle agréable sensation de se réaliser au travers de sa passion qui n'engendre pas la routine !
Mon créneau est celui des chasseurs, collectionneurs, restaurateurs d'armes, armuriers, le particulier et je fais énormément de salons professionnels et d'expositions pour me faire connaître. |
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Vous exercez un métier traditionnel. En tant que jeune femme, comment le vivez-vous ?
Je n'ai vraiment pas l'impression d'être une défricheuse. Mon métier est certes mal connu, mais il n'est pas amené à disparaitre, et la relève est bien présente. C'est un métier qui se féminise de plus en plus.
Actuellement je travaille seule. Dans le futur, pourquoi ne pas former quelqu'un ? Je ne me sens pas prête à le faire pour le moment. Il me reste encore beaucoup de choses à acquérir sur mon métier avant d'être en mesure d'enseigner.
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C'est très valorisant. Des professionnels des métiers d'art apportent leur regard sur mon travail : cela me permet de me situer dans l'environnement professionnel des métiers d'art.
D'abord, il faut être convaincu et croire profondément en soi. On a souvent des doutes, mais il ne faut pas les écouter ! Dans un métier comme le mien on apprend toujours. La qualité des supports à travailler doit être bonne pour obtenir un résultat qui ravira le client lorsque la gravure sera achevée, mais il ne faut pas attendre d'être arrivé au niveau des plus grands maîtres pour se lancer, sinon on ne démarre jamais ! |

Contacts :
Christine Lelièvre, graveur sur armes
6 rue Hetzel - 77570 Château-Landon
Tél. : 01 64 78 21 58
E-mail : lelievre.graveur@orange.fr
Site internet : www.lelievre-graveur.fr
Chambre de métiers et de l'artisanat Sud Seine et Marne
| 4 avenue du Général Leclerc - 77000 Melun Tél. : 01 64 10 61 70 E-mail : antenne.melun@cmasud77.fr Site internet : www.cm-montereau.fr |
SEMA (Société d'encouragement aux métiers d'art)
| 23 avenue Daumesnil - 75012 Paris |
08/04/2009