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92 - Cédric Mangaud : "Une idée qui dort est une idée qui meurt"
Cédric Mangaud Cédric Mangaud

Interview :

Abaxia fait partie des leaders mondiaux du développement d'applications pour les téléphones mobiles. Elle commercialise ses applications embarquées auprès des opérateurs de téléphonie et des fabricants de terminaux mobiles. Ses produits équipent aujourd'hui plus de 22 millions de téléphones dans 36 pays.
Depuis sa création en 2001, l'activité de la société a toujours été profitable. Son chiffre d'affaires connait une croissance moyenne supérieure à 50 % par an. Près de 80 % du chiffre d'affaires est réalisé à l'international.

Cédric Mangaud est le fondateur et PDG d'Abaxia. Il détient un Master en Marketing et Finances, obtenu via un cursus intégrant diverses grandes écoles à Paris, New York et Tokyo. Il a fondé Abaxia après avoir travaillé pendant trois ans dans le domaine des télécommunications et de l'internet.

Cédric Mangaud nous a accordé un entretien lors duquel il revient sur son parcours de créateur d'entreprise.

Cédric Mangaud

 Vous dirigez Abaxia, vous siégez au conseil d'administration de plusieurs autres sociétés : vous êtes un "serial entrepreneur". Comment vous organisez-vous au quotidien ?

Au quotidien je dirige l'entreprise Abaxia, que j'ai créée en 2001. Je suis aussi très présent dans l'entreprise Mobiletag, un "spin-off" d'Abaxia.
En parallèle, j'ai joué le rôle du "business angel" et j'ai travaillé sur le business plan, l'étude de marché de cinq ou six entreprises, dans des domaines proches du mien - les télécoms et internet. Aujourd'hui je continue à leur faire profiter de mes compétences techniques et de mon réseau, mais je ne suis pas actif au quotidien dans ces entreprises.

 Avez-vous bénéficié d'aides à la création lors du lancement d'Abaxia en 2001 ?

J'ai pu constater qu'il existe peu d'aides à la création d'entreprise, même s'il y a davantage de dispositifs une fois que l'entreprise est créée. J'avais pris contact avec la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, cherché des renseignements sur les pépinières d'entreprises… Au final il n'y avait pas de place et j'ai été hébergé par un autre entrepreneur qui m'a mis un bureau à disposition.

En revanche, une fois que l'activité a effectivement démarré, j'ai pu bénéficier de plusieurs dispositifs d'aide : 

  • La Jeune entreprise innovante (JEI) et le Crédit impôt recherche (CIR) : ce sont des dispositifs efficaces car nous avons beaucoup de R&D en interne. Avoir été une JEI nous a aidé à la financer, et aujourd'hui encore nous continuons à bénéficier du Crédit impôt recherche.
  • Nous avons travaillé, et continuons à le faire, avec Ubifrance, qui nous aide à démarcher de nouveaux clients à l'étranger.
  • Des financements Anvar et OSEO : ces financements, sous forme de prêts remboursables, nous ont beaucoup aidé au lancement de l'entreprise. Les financements de l'Anvar nous ont permis de financer un des produits phares de notre société.
  • Aujourd'hui, Ile-de-France Capital est aussi actionnaire de notre entreprise.

 Quel a été l'impact de ces aides à la création sur votre entreprise ?

Sans ces différentes aides à la création, il est certain que nous aurions mis plus de temps à nous développer. Et, comme on dit : "Le temps c'est de l'argent".
Mais nous avons rapidement considéré que le plus important pour nous était d'être tournés vers nos clients et notre business. En effet, il est difficile pour un futur entrepreneur de s'y retrouver parmi les différentes aides, difficile de savoir à quoi on va pouvoir avoir droit. On est vite noyé dans la paperasserie, les procédures… Faire un dossier est un vrai travail ! C'est pour cela que nous avons fait appel aux compétences de cabinets externes qui nous ont aidés à boucler des dossiers, en particulier celui du CIR. C'est un investissement qui vaut le coup car ces aides apportent réellement un plus.

 Etiez-vous seul lorsque vous avez créée Abaxia ?

Nous étions à l'origine trois associés à porter le projet Abaxia. Les deux autres associés ont rapidement quitté l'aventure, pour des raisons personnelles. En revanche nous avons toujours gardé de très bonnes relations, et l'un d'eux est toujours actionnaire dans l'entreprise.
Si ces départs se sont bien passés, c'est aussi grâce au pacte d'actionnaires que nous avions conclu au moment de la création. Il ne faut surtout pas sous-estimer l'importance de conclure un pacte d'actionnaire bien construit, c'est-à-dire symétrique et équilibré. Il permet de prévoir ce qui se passera en cas de divergence entre les actionnaires - et on ne parle pas forcément de mésentente, il peut tout simplement s'agir d'avis différents, de priorités qui évoluent.

 Vous êtes implantés en France, mais aussi à l'étranger et notamment en Biélorussie. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Pour être présent sur un marché international il faut avoir plusieurs sites. Pour nos clients étrangers (USA, Asie, Suède, Royaume-Uni, Finlande), c'est une preuve de pertinence. Abaxia se devait de prouver qu'elle pouvait être multi sites. Ainsi, nous avons des équipes en France, mais aussi en Allemagne et en Corée (équipes commerciales) et en Biélorussie (R&D).

Etre implanté en Biélorussie pour la R&D nous permet aussi de réduire nos coûts. L'économie est en revanche souvent inférieure à ce que l'on pourrait penser, car ce choix implique aussi des frais supplémentaires en termes de communication, de déplacements.

 Quel est l'impact de la crise actuelle sur votre activité ?

Comme toutes les entreprises, nous sommes touchés par la crise économique, mais de façon relativement mesurée.
Dans une période de crise, les entreprises doivent savoir contrôler leurs coûts. Cette démarche nous est aisée car, si notre entreprise a été profitable dès le lancement, nous n'avons jamais roulé sur l'or. Nous avons donc toujours fait attention à nos dépenses.

Et surtout, nous sommes sur un marché en pleine croissance, celui du smartphone. Même si le marché de la téléphonie est en réduction, car les clients surveillent leurs dépenses, le smartphone, qui se situe sur le moyen haut de gamme, est relativement peu touché. C'est ce qui nous a permis de recruter ces derniers mois deux nouveaux collaborateurs. Aujourd'hui notre équipe compte 54 personnes, dont plus de la moitié travaillent en France.

 Quel conseil donneriez-vous à un créateur d'entreprise ?

J'ai toujours été surpris de constater le nombre de projets qui n'aboutissent pas. Beaucoup de personnes pensent à créer une entreprise, nourrissent un projet mais ne passent pas à l'acte. Or, une idée qui dort est une idée qui meurt !
J'ai envie de conseiller à ceux qui pensent à créer une entreprise, qui sont sûrs d'avoir une bonne idée, de ne pas se contenter de penser qu'ils ont une bonne idée, de la ruminer, mais de sauter le pas et de la faire vivre.

Propos recueillis par Anne-Sophie Poupin - Septembre 2009



 Contact :

AbaxiaAbaxia
20 rue Troyon - 92310 Sèvres 
Site internet : www.abaxia.com

16/11/2009

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