Témoignages
Marie Van Haecke
Interview :
Passionnée par la mode et la création, Marie Van Haecke vient de créer sa marque d'accessoires de mode, Marie Van Haecke Création. Elle conçoit, sous-traite et distribue des sacs à main fabriqués en France. Marie, fondatrice et présidente de l'entreprise s'est entourée d'un associé, directeur général en charge de la comptabilité, de la logistique et du développement commercial et stratégique, d'une styliste free-lance pour l'aider aux débuts de la collection, d'une directrice artistique qui donne l'orientation graphique de la marque et d'un responsable communication et événementiel. Avant la création, Marie Van Haecke a pu bénéficier du dispositif Cap Entreprise, mis en place par la Région Ile-de-France. Cela lui a permis de suivre une formation à la création d'entreprise de 120 heures dispensée par Advancia. Dans cet entretien, Marie Van Haecke revient sur son parcours de créatrice et sur les appuis dont elle a pu bénéficier pour se lancer. |
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J'ai fait une école de communication visuelle à Nantes pour devenir directrice artistique. J'ai ensuite travaillé deux ans dans le département packaging d'une agence de design, sur le développement de gammes de produits. |
Comment s'est passée la fin de votre emploi salarié ?
J'ai négocié une rupture conventionnelle avec mon employeur. Cela m'a permis d'avoir droit à une indemnisation Assedic. C'était une condition nécessaire à la réalisation de mon projet. En parallèle, j'ai continué à travaillé en tant que graphiste free lance, enregistrée à la Maison des artistes puis en auto-entrepreneur.
Quelles démarches avez-vous effectuées pour préparer la création de votre entreprise ?
Dès le mois de janvier, je suis allée dans des salons du prêt-à-porter à Paris et à Lille. J'ai observé l'état de la concurrence pour le type de produit que je voulais créer, et j'ai pu vérifier qu'il existait bien un marché. En même temps j'ai commencé à travailler sur mon projet et à me renseigner sur les formations à la création d'entreprise.
Quelle formation à la création d'entreprise avez-vous suivie ?
Au cours de mes recherches, j'ai entendu parler du dispositif Cap Entreprise. Je suis allée voir un centre de diagnostic qui m'a orientée vers une formation généraliste de 120 heures chez Advancia. Cette formation a eu lieu en mai-juin 2009.
Pour ne pas perdre de temps, j'ai continué à avancer sur mon projet en attendant le début de la formation. J'ai rencontré beaucoup de professionnels de la mode : des fournisseurs, des responsables de show rooms, qui m'ont apporté des informations précieuses. J'ai aussi rencontré la Boutique de gestion PaRIF avec qui j'ai commencé à monter mon business plan.
Que vous a apporté cette formation Cap Entreprise ?
Elle m'a permis de donner un cadre à mon projet, de l'organiser concrètement. J'avais tendance à partir un peu dans tous les sens. J'ai pu mettre en forme les informations collectées et approfondir les zones d'ombre.
Quand vous êtes-vous finalement lancée ?
Mon objectif était de pouvoir présenter mes produits lors du salon du prêt-à-porter du mois de septembre. C'était primordial, sinon j'allais perdre au moins six mois. La production d'une première série de sacs a donc été lancée dès juillet dernier. Mais nous n'avons créé la société, sous forme de SAS, qu'au mois d'octobre. Avant cette date, j'ai donc utilisé le statut d'auto-entrepreneur pour avoir un numéro Siret, pour pouvoir effectuer les premières démarches en toute légalité et surtout être crédible face à mes fournisseurs.
En créant une entreprise dans le secteur de la mode, mon objectif n'était pas de passer mes journées derrière une machine à coudre ! Nous avons la volonté de développer l'activité, y compris à l'international. Fabriquer à la main ne m'aurait pas permis d'avoir une productivité suffisante. |
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Comment avez-vous financé le démarrage de votre projet ?
J'ai demandé au Pôle emploi la capitalisation de mes droits au chômage. J'ai ainsi pu percevoir 12 mois de droits en deux fois : la moitié a été versée en janvier l'autre moitié en juillet. En complément, j'ai aussi bénéficié d'un microcrédit de l'Adie.
Tout cela m'a permis de lancer une première production de sacs. J'ai aussi négocié fermement des délais de paiement avec mes différents fournisseurs. Ces fournisseurs ont été très compréhensifs. Ils ont cru en mon projet, cela m'a beaucoup aidée à me lancer.
Comment commercialisez-vous vos produits ?
Nous avons plusieurs canaux de distribution. Nous organisons des ventes privées par l'intermédiaire d'ambassadrices de notre marque. Nous vendons aussi en direct via notre site d'e-commerce, et nous avons des partenariats avec quelques boutiques.
Nous sommes également en contact avec des distributeurs au Japon et en Chine, qui sont intéressés pour distribuer nos produits. Nous sommes présents lors de ventes ponctuelles comme les marchés de Noël et nous communiquons énormément via notre blog, notre page fan Facebook et via une newsletter.
Vous êtes très présente sur internet. Comment utilisez-vous votre réseau pour promouvoir votre marque ?
Nous avons lancé un site internet, un site marchand, mais aussi un blog et une page Facebook, qui sont très régulièrement mis à jour. Nous utilisons ces outils pour faire connaitre les événements que nous organisons, les dates de ventes privées, etc. L'objectif est également d'animer un espace autour de la couleur. Cela permet de faire circuler l'information rapidement auprès d'un grand nombre de personnes, et de maintenir le "buzz" autour de la marque.
Quels sont vos projets de développement ?
Nous allons prochainement élargir notre gamme de produits, avec des sacs de tailles différentes : sac de voyage, pochette de soirée et porte-monnaie en décembre.
Pour les fêtes de fin d'année nous lançons aussi une édition limitée de notre sac "Pimprenelle", avec un empiècement, un fond et des anses en cuir.
Et nous travaillons déjà sur la collection hiver / été 2010 / 2011 qui sera présentée fin janvier sur le salon du prêt-à-porter.
Beaucoup de créateurs rêvent de se lancer dans le secteur de la mode. Quel conseil pourriez-vous leur donner ?
De mon côté, la couture était un hobby, mais j'avais en plus une réelle motivation pour créer une entreprise dans la mode. Il y a une vraie différence entre rêver de créer sa marque, et se lancer véritablement dans les démarches. Il faut être organisé, avoir de la rigueur et beaucoup de motivation. Je crois qu'on doit réellement se donner les moyens de réussir : avoir de bonnes idées n'est pas suffisant, il faut agir et savoir travailler en équipe.
Il faut aussi garder à l'esprit que les objectifs de production ne sont pas les mêmes quand on créé pour soi ou quand on devient professionnel. La réflexion est très différente, à la fois en termes de création de modèles, en termes de contraintes, en termes de productivité, d'objectifs et de stratégie de développement.
Propos recueillis en novembre 2009 par Anne-Sophie Poupin

En savoir plus sur les dispositifs d'appui dont Marie Van Haecke a bénéficié :
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Contact :
![]() | Marie Van Haecke Création Site internet : www.marievanhaecke.fr E-mail : contact@marievanhaecke.fr |
07/12/2009