Chiffres et tendances

06/01/2014 - 10H51

À première vue, le marché de l’optique est plutôt bien portant. Au cours des 10 dernières années, le chiffre d’affaires de la profession n’a jamais cessé de progresser. Et ce, malgré la crise économique qui affecte l’Europe depuis 2008. Est-il pour autant opportun de se lancer dans ce secteur ? Et si oui, à quelles conditions ?

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Actualités secteurs : quel avenir pour le marché de l’optique ?

Une perte de vitesse progressive

En 2012, l’activité a progressé de 1,5 %, ce qui est plutôt encourageant compte tenu de la stagnation du PIB en France. Il s’agit pourtant d’un ralentissement assez net : au cours des 5 années précédentes, le marché avait enregistré une hausse de 3 % en moyenne. Par ailleurs, le chiffre d’affaires par magasin a reculé pour la 2de année consécutive – il reculerait même depuis plus longtemps, selon certaines sources. Cette évolution n’est pas étonnante. En effet, la profession commence à ressentir les effets indésirables d’une frénésie d’ouvertures de magasin qui a démarré il y a une dizaine d’années.


60 % du marché est détenu par 5 enseignes

Dans une activité où un minimum de chiffre d’affaires est nécessaire pour diluer  le coût des stocks et du matériel, les indépendants ne réalisent en moyenne qu’un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 300.000 €, alors que les grands réseaux peuvent dépasser, parfois largement, un million d’euros par point de vente.
Le marché, en outre, ne cesse de se concentrer au profit des enseignes à succursales et/ou franchises, des réseaux coopératifs et des groupes mutualistes. Aujourd’hui, les 5 plus grands acteurs du secteur détiennent presque 60 % des parts de marché, tandis que la part des indépendants n’est plus que de 27 %.


Tous les espoirs sont permis

Après une décennie florissante, les dernières données indiquent que le marché de l’optique en France n’est plus aussi dynamique. Est-ce le début d’un ralentissement durable, ou s’agit-il d’un simple trou d’air conjoncturel ?
À l’appui de la seconde proposition, on peut avancer que :

  • dans les années à venir, le nombre de porteurs de lunettes, pourtant déjà élevé, va continuer de progresser.
  • à plus long terme, les opticiens pourraient se voir confier des délégations d’actes médicaux supplémentaires. Et ce, en raison de la diminution importante du nombre de médecins ophtalmologistes, la situation de pénurie étant déjà critique dans certains départements. « Les opticiens pourraient accomplir certains des actes que les ophtalmologistes ne sont plus en nombre suffisant pour assurer en totalité (...). La répartition des compétences entre les ophtalmologistes et les opticiens ou les orthoptistes mérite d'être rationalisée », peut-on lire dans le rapport sénatorial « Déserts médicaux : agir vraiment »  publié en février 2013.


Le vade-mecum du nouvel entrant

À ceux qui envisagent une reconversion professionnelle dans le secteur de l’optique, soit comme franchisés, soit comme indépendants, voici quelques points à retenir :
Quelles évolutions ?

  • Les grandes enseignes, réseaux coopératifs et groupes mutualistes devraient continuer à gagner des parts de marché.
  • Les investissements requis de la part d’un indépendant, s’il veut durer, sont de plus en plus importants. Ils concernent en premier lieu le matériel et les stocks (75.000 € à 200.000 € ou plus de stocks si l’on vise une prestation de qualité).

Un marché segmenté

  • Il est probable qu’à terme, l’optique en France devienne un marché à 2 vitesses : d’un côté une distribution low-cost (qui émerge), de l’autre un service haut de gamme. Le milieu de marché, qui est le créneau choisi en ce moment par la plupart des nouveaux entrants, ne semble pas viable, de l’avis de nombreux professionnels.
  • La distribution par internet a pour l’instant échoué à gagner des parts de marché significatives dans la lunette, en France comme dans les autres pays développés. Son fonds de commerce est la lentille de contact.

Des opportunités de reprise

  • Avec quelque 8 % des indépendants en France ayant 60 ans ou plus, on prévoit
  • 2.000 cessions de fonds de commerce dans les 5 ans à venir. Cet afflux de mises sur le marché exerce une pression à la baisse sur les prix.
  • Avis aux repreneurs franciliens : quelque 8 % des propriétaires de fonds ont 60 ans ou plus. On estime que 400 affaires seront cédées dans les 5 prochaines années.
  • Une affaire se négocie sur la base de 80 % du chiffre d’affaires hors taxes moyen des 3 derniers exercices.


Quid du marché francilien ?

Globalement, la région Île-de-France est similaire à la moyenne française en termes de densité des points de vente. On y dénombre 5.532 habitants par magasin (à fin 2011), alors que la moyenne nationale se situe à 5.423.
Il y a, en revanche, une très grande disparité entre Paris et les départements de la région. Paris frise la surcapacité avec moins de 3.000 habitants par magasin. Les départements les moins denses sont :

  • les Hauts-de-Seine (5.697 habitants par point de vente),
  • les Yvelines (6.249),
  • le Val-de-Marne (6.489),
  • l’Essonne (6.737).


Conclusion

Le marché de l’optique offre un nouveau visage. Après 10 années florissantes, le dynamisme de la profession s’affaiblit. Et pourtant, le marché reste attractif. En pleine restructuration, il offre notamment des opportunités de reprise.
En Île-de-France, on estime que 400 affaires seront cédées dans les 5 prochaines années.

 

Fédération nationale des opticiens de France
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