Créer sa boîte de A à Z

08/01/2013 - 11H06

Pour tester gratuitement la viabilité d’un projet et assurer son développement, rien de tel qu’une coopérative d'activités et d'emploi (CAE). Il en existe près de 80 en France. Olivier Jouan, gérant de Port Parallèle, nous explique les nombreux avantages de cette forme juridique, qui permet de devenir entrepreneur tout en conservant un statut de salarié.

Être entrepreneur et salarié ? Avec la CAE, c’est possible !

Le concept : partager une entreprise pour créer la sienne

Rejoindre une CAE permet de devenir associé d’une entreprise en partage plutôt que de créer une entreprise tout seul dans son coin. Chacun peut ainsi tester la faisabilité économique de son activité et sa capacité à entreprendre, grandeur nature.

D’un point de vue juridique, une CAE est une SCOP, de forme SA ou SARL dont les salariés sont les associés majoritaires. Tout salarié peut devenir associé, donc co-entrepreneur, chacun demeurant propriétaire de sa marque et de ses clients.

Comme l’explique Olivier Jouan, « ces structures combinent les avantages de l'indépendance (pas de hiérarchie, pas d'horaires, une totale liberté d'entreprendre) et ceux du salariat : un revenu fixe, une couverture sociale de salarié et un réseau de collaborateurs. Avec leur CAE, ce sont des opportunités d’affaires, de la sécurité, du droit, de la protection sociale que les entrepreneurs-salariés s’offrent collectivement ».
En 2006, lorsqu’il a fondé Port Parallèle, Olivier Jouan s'est naturellement tourné vers ce dispositif : « je crois en un accompagnement qui favorise l'émancipation des personnes sans les déposséder de leur capacité d'initiative ».

Réunir pour réussir

« La coopérative n’est ni une pépinière, ni une maison de l’entreprise, encore moins une entreprise de portage salarial. Elle est un modèle d’entreprise du 3e type gouvernée par des principes simples : respect des parties prenantes, répartition équitable de la richesse, développement soutenable… »
Olivier Jouan

Concrètement, comment ça se passe ?

Tout porteur de projet accueilli par une CAE est suivi par un conseiller en création d’entreprise. Il reçoit  un accompagnement gratuit pour l’aider à enrichir son projet et développer son activité commerciale. Il peut ainsi tester son idée, formaliser son business plan, engager des démarches de prospection, se former à la gestion, à la comptabilité, au marketing…

Lorsque son activité commence à devenir solvable, le créateur signe un contrat de travail en CDI et devient officiellement entrepreneur-salarié. Il perçoit chaque mois une rémunération correspondant à son chiffre d’affaires prévisionnel et bénéficie d’une gestion administrative et comptable de son activité (la CAE facture ses ventes, encaisse les règlements, etc.).

En contrepartie de ces services, l'entrepreneur-salarié verse 10 % de son chiffre d'affaires hors taxes à la CAE dès son premier euro de recette. À terme, il a le choix entre créer sa propre structure ou devenir associé de la CAE (achat de parts).


Convivialité et efficacité

À qui s’adressent les CAE ? Ces entreprises en partage séduisent « les personnes qui aspirent à créer leur propre activité en évitant la solitude et la précarité », estime Olivier Jouan. Depuis 2007, Port Parallèle a accompagné et salarié plus de 400 entrepreneurs, dont 80 % de demandeurs d’emploi. Bien souvent, ces porteurs de projet choisissent l’entrepreneuriat après une longue période d’isolement liée à la difficulté ou l’impossibilité de retrouver un travail. La coopérative leur ouvre un espace collectif d’échange et de dialogue.

Propices à la gouvernance participative, les CAE sont une autre manière de concevoir l'entreprise « comme une société de personnes, plutôt qu'une société de capitaux ».
Les entrepreneurs partagent une PME reconnue, ce qui leur donne un poids sur le marché, et surtout… ils prennent plaisir en travaillant. 

Comment intégrer une CAE ?

Les CAE sont accessibles à tous ceux qui ont un projet entrepreneurial qu’ils souhaitent tester (hors métiers régis par un ordre). Il n’y aucune sélection sur critères économiques ou de structuration de projet, il suffit d'assurer son activité en responsabilité civile professionnelle.

Pour rejoindre une CAE, nous vous conseillons de prendre contact :

avec le réseau national des CAE
avec la coopérative la plus proche de chez vous
 

Ajouter un commentaire

Rechercher dans Le Mag

Retrouvez-nous sur Facebook