Ils-elles créent leur boîte

13/06/2013 - 18H06

Créer des solutions ludiques et digitales pour améliorer la prise en charge du patient et faciliter le travail des soignants et thérapeutes. Telle est l’ambition de Ludicalmant Vôtre®, un cabinet de conseil spécialisé dans la thérapie par le jeu et les nouvelles technologies. Rencontre avec sa fondatrice.

Sylvie Marie Brunet, fondatrice de Ludicalmant Vôtre®

Vous avez créé Ludicalmant Vôtre® en 2012. Mais quel a été votre parcours ?

Celui de celles qui se sont beaucoup cherchées ! De profil littéraire, avec un BTS tourisme et une maîtrise d’histoire de l’art en poche, j’ai fait mes premiers pas en entreprise en 1995 lors de la naissance d’internet. Fascinée par cet univers, j’ai d’emblée travaillé dans l’édition numérique (CD-Rom) avant de me lancer en 2000, dans un projet de site communautaire pour les femmes enceintes (1re expérience de start-up). Mais je n’ai pas osé aller jusqu’au bout en raison de l’éclatement de la bulle internet et d’un financeur qui m’a fait défaut. Mon business plan intéressait une start-up qui m’a alors embauchée mais a malheureusement mis la clé sous la porte quelques mois plus tard.


Vous n’avez donc pas créé votre entreprise tout de suite…

Non, j’ai ensuite travaillé 10 ans pour des grands comptes, en tant que webmaster et responsable communication Corporate pour créer et gérer des intranets, extranets. En 2006-2008, j’ai complété ma formation par un master en Marketing et stratégie de marque au CELSA. C’est à cette époque que j’ai découvert la réalité virtuelle et les mondes virtuels, sujet de mon mémoire de fin d’étude. Mais l’idée de créer une entreprise m’obsédait toujours. Après une première tentative de création d’intelligence artificielle et un passage par le concours Idénergie Laval, il m’a fallu rebondir sur un nouveau projet, toujours dans le bien-être et la santé, que j’ai soumis à l’École régionale des projets au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) en 2012 : Ludicalmant Vôtre®. J’ai profité de cette année d’apprentissage de l’entrepreneuriat pour me former parallèlement aux thérapies brèves (hypnose ericksonienne et PNL). Un atout supplémentaire pour concevoir des outils de communication thérapeutiques.


En quoi consiste l’activité de Ludicalmant Vôtre ? Pourquoi ce nom ?

Ludicalmant Vôtre® apporte des solutions de communication pour le confort des soignants et des patients en utilisant le ludique et l’immersion (c'est-à-dire les technologies de la réalité virtuelle et augmentée). J’ai appelé ce type de supports digitaux des « ludicaments ». Ce mot valise (ludique et médicament) désigne un jeu/jouet électronique qui apporte réconfort et plaisir au patient, contribuant à calmer l’anxiété, voire la douleur pendant un soin de santé. D’où le jeu de mot, Ludi-calmant Vôtre, un « jouet santé » très amical en quelque sorte.


Pouvez-vous me donner un exemple de ludicament ?

Je viens de lancer Ludicalm, un jouet de réalité augmentée pour distraire et apaiser les jeunes patients lors d’une prise de sang, une piqûre, un changement de pansement douloureux…. C’est une animation « hypnotique », en 3D, qui canalise l’attention de l’enfant et aide le soignant à établir d’emblée une relation de confiance avec lui. Il fonctionne sur les tablettes tactiles et les smartphones. Cette innovation est actuellement en test au service pédiatrique du centre hospitalier d’Alès dans les Cévennes, un établissement tout neuf et très high tech. Très récemment, mon application a été sélectionnée pour les trophées de la e-santé qui auront lieu à Castres en juillet.


Quels principaux enseignements tirez-vous de votre parcours de création ?

Certains pensent que toute bonne idée de business mérite de lever des fonds et de créer à tout prix. C’est faire fausse route. Le principal est de s’assurer de l’existence d’un marché. Car sans marché, pas d’entreprise !
Par ailleurs, le chemin en innovation est particulièrement long et semé d’embûches. Il faut être passionné pour tenir bon. Pour tout projet innovant, une preuve de concept est requise. Dans le cas de Ludicalm, on m’a demandé de prouver ses vertus thérapeutiques. Or, pour cela, il faut mener une étude de recherche avec un laboratoire, ce qui requiert un prototype et prend beaucoup de temps. Personnellement, j’ai accepté de me former et d’avancer seule, en auto-finançant mon innovation, en proposant mes services en consulting en parallèle. Enfin pour démarrer léger  je travaille en partenariat. Mes applications sont créées avec le concours d’un réseau de professionnels reconnus.
Cette solution « gagnant-gagnant » est idéale, notamment en période de crise.


Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur qui se lance ?

De se faire connaître et accompagner par une structure dédiée : incubateur, boutique de gestion, couveuse, concours… Personnellement, j’ai la chance d’avoir intégré la couveuse du GEAI (Groupement d’entrepreneurs accompagnés individuellement) en septembre 2012. C’est une véritable rampe d’accélération pour les entrepreneurs, cela permet de tester son marché : mise à disposition d’une immatriculation, simulations de vente, coaching, formation… L’accompagnement est de qualité et permet d’éviter la solitude du créateur.

 

Les confidences de Sylvie Marie Brunet

Votre 1er geste en arrivant au bureau ?
La veille. Je lis toutes mes alertes d’actualité. Un bon moyen d’ouvrir les yeux sur le monde.

Votre entrepreneur ou entreprise modèle ?
Il n’y en a pas. Ma vocation n’est pas de suivre un modèle, mais de tracer ma propre route, d’autant que j’interviens sur un territoire nouveau.

L’objet indispensable sur votre bureau ?
Mon smartphone et ma tablette qui sont le prolongement de ma main et mon « passeport mobilité ».


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